Découvrez l’oenotourisme à Lanzarote : entre histoire viticole et expériences gastronomiques
Au cœur de l’archipel des Canaries, Lanzarote cultive un secret que peu de voyageurs soupçonnent avant d’y poser le pied : un vignoble façonné par le feu, la cendre et une patience millénaire. Entre coulées de lave figées et cépages rescapés d’éruptions historiques, l’île invite à un œnotourisme qui mêle histoire, géologie et plaisirs de la table, loin des clichés balnéaires habituels.
L’info en bref
- Le vignoble de Lanzarote se distingue par une culture millénaire adaptée à un sol volcanique aride et un climat semi-désertique extrême.
- Les vignerons utilisent la technique traditionnelle des ‘hoyos’, des creux dans la cendre volcanique qui protègent les vignes du vent et captent l’humidité.
- La Malvasía Volcánica est le cépage emblématique de l’île, réputé pour sa résistance à la sécheresse et ses arômes minéraux uniques.
- Le domaine El Grifo, fondé en 1775, est le plus ancien des Canaries et propose diverses expériences œnotouristiques, incluant des visites guidées et des dégustations.
- L’œnotourisme à Lanzarote met l’accent sur le patrimoine historique, la géologie et l’alliance entre les vins locaux et la gastronomie insulaire.
- Le secteur viticole de Lanzarote s’engage dans des pratiques de développement durable, soutenues par des collaborations institutionnelles et des distinctions d’excellence.
L’histoire viticole unique de Lanzarote et ses traditions ancestrales
Pour comprendre la singularité de ce terroir, il faut se plonger dans les archives et les expériences proposées sur place, dont on trouve un aperçu détaillé sur https://elgrifo.com/fr/pages/oenotourisme, véritable porte d’entrée vers ce patrimoine viticole insulaire. La viticulture canarienne ne ressemble à aucune autre : chaque île possède ses propres appellations d’origine et ses cépages, et Lanzarote ne fait pas exception avec un héritage qui dépasse les 500 ans de tradition. Ce sont des facteurs environnementaux extrêmes qui ont façonné cette identité, à commencer par un climat semi-désertique où il ne pleut que 10 à 15 jours par an, pour une moyenne annuelle d’à peine 110 millimètres d’eau.

Les origines du vignoble canarien et l’adaptation au terroir volcanique
Située à seulement 70 kilomètres des côtes marocaines, Lanzarote a connu entre 1730 et 1736 une série d’éruptions volcaniques qui ont bouleversé son paysage, rendant un tiers de l’île totalement impropre aux cultures traditionnelles. C’est justement dans ce chaos minéral que le vignoble s’est développé au 18e siècle, les vignerons de l’époque comprenant que les cendres volcaniques pouvaient devenir un allié plutôt qu’un obstacle. Aujourd’hui, le parc national de Timanfaya témoigne encore de cette histoire tumultueuse et reste une étape incontournable pour qui souhaite saisir l’ampleur du défi agricole relevé par les habitants de l’île. Le vignoble occupe désormais près de 2000 hectares, où poussent des vignes bicentenaires, souvent franches de pied, ce qui constitue une rareté à l’échelle mondiale.
La méthode de culture traditionnelle en creux : un savoir-faire préservé
La technique la plus emblématique reste celle des hoyos, ces trous creusés à même le sol volcanique pour permettre aux racines d’atteindre la terre fertile enfouie sous la cendre. Ces cavités peuvent atteindre 3 mètres de profondeur et 10 mètres de diamètre, une prouesse d’ingénierie paysanne pensée pour capter l’humidité nocturne et protéger les ceps du vent. La densité de plantation moyenne oscille entre 400 et 600 pieds par hectare, un chiffre relativement faible qui s’explique par les rendements modestes de ces terres arides : entre 1000 et 1500 kilogrammes par hectare, soit à peine 6 à 10 hectolitres de vin par hectare. Cette rareté confère aux crus locaux une valeur particulière, renforcée par la présence de dix-huit bodegas actives sur l’île, chacune perpétuant un savoir-faire transmis de génération en génération. Le cépage roi demeure la Malvasía Volcánica, une variété résistante à la sécheresse et aux fortes températures, capable de puiser dans les minéraux volcaniques une complexité aromatique introuvable ailleurs.
Expériences gastronomiques et dégustations dans les caves de l’île

Au-delà de l’histoire, c’est bien l’expérience vécue qui séduit les visiteurs, avec un contact direct possible entre le public et les vignerons, vinificateurs et œnologues qui font vivre ce patrimoine. Les Canaries offrent des activités d’œnotourisme variées, faisant de l’archipel une destination prestigieuse pour les amateurs de vin en quête d’authenticité et de sensations nouvelles.
Les domaines viticoles incontournables et leurs parcours de visite
La Bodega El Grifo incarne à elle seule ce patrimoine, fondée en 1775 et reconnue comme le plus ancien domaine viticole des Canaries, fort de 250 ans d’histoire ininterrompue. Une équipe dédiée de neuf experts y accueille les visiteurs pour des parcours pensés selon les envies de chacun. L’expérience Wine Lovers propose une visite guidée de 120 minutes, limitée à 12 personnes, suivie d’une dégustation de 6 vins, pour un tarif de 50 euros par personne. Les amateurs plus exigeants opteront pour l’expérience Wine Lovers & Gastronomy, limitée à 10 participants, qui combine 120 minutes de visite et 90 minutes supplémentaires autour d’un déjeuner accompagné de 6 vins, au prix de 95 euros par personne. Pour les visiteurs pressés, une dégustation de vins sélectionnés dure 35 minutes autour de 5 vins pour 30 euros, tandis que la formule EL GRIFO à votre façon permet une découverte autonome avec audioguide en 45 minutes pour 15 euros, l’entrée restant gratuite jusqu’à 17 ans. Ces visites sont accessibles du lundi au vendredi de 10h00 à 17h15 entre octobre et mai, le bar à vin restant quant à lui ouvert jusqu’à 18h30. La réservation en ligne est fortement recommandée, et l’accès reste partiellement adapté aux personnes à mobilité réduite grâce à une assistance dédiée pour les visites audioguidées.

Accords mets et vins : la cuisine canarienne sublimée par les crus locaux
Le vin ne se conçoit jamais isolément sur l’île : il s’associe à une grande variété de produits locaux, notamment les fromages canariens qui accompagnent souvent la dégustation finale de quatre vins proposée en fin de parcours. Cette approche gastronomique s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par le cluster œnotourisme des Canaries, dont les membres s’engagent activement dans le développement durable et l’innovation en viticulture. Une alliance entre Cajasiete et ce cluster a d’ailleurs été annoncée le 16 juillet 2025, renforçant les ambitions de tourisme durable de l’archipel. Quelques semaines plus tard, le 3 août 2025, Bodegas El Grifo a reçu un prix d’excellence en tourisme, consécration logique pour un domaine qui mise autant sur son patrimoine que sur son accueil. Les visites et audioguides sont proposés en espagnol, anglais, français, italien et allemand, garantissant une accessibilité linguistique appréciable pour les visiteurs internationaux, tandis que les espaces intérieurs restent sans animaux de compagnie pour préserver la sérénité des lieux. Après la visite des caves, rien n’empêche de prolonger la journée par une escapade vers la plage de Famara, réputée pour le surf et la baignade, offrant un contraste saisissant entre les vignes noires et l’écume blanche de l’Atlantique.







